La trace écrite... la fameuse trace écrite! Elle est très importante pour les élèves en France. Et moi, en stage, je ne l'exploite pas suffisamment. Selon les dires de ma conseillère pédagogique, je n'utilise pas assez le tableau. J'invite les élèves à échanger en classe, à discuter et à confronter leurs points de vue lorsque j'enseigne, mais je devrais m'approprier davantage l'espace du tableau, c'est-à-dire que je devrais y écrire plus souvent afin d'inciter les élèves à écrire dans leurs notes ce qu'ils voient au tableau et ce qu'ils disent en classe. Certes, c'est pratique, mais je ne pense pas que cela soit approprié pour toutes les situations d'enseignement-apprentissage.
Parmi les enseignants qui lisent mon blogue, qu'en pensez-vous? Pouvez-vous m'aider un peu, m'éclairer?
J'ai des élèves âgés d'une quinzaine d'années. J'estime qu'à cet âge, ils doivent être relativement autonomes pour gérer leur prise de notes. L'année prochaine, ils seront au lycée et le professeur les guidera encore moins. Je ne veux pas dire de bêtises, mais à partir des discussions que j'ai eues avec des professeurs universitaires français, j'ai cru comprendre que la qualité du travail mené en classe est grandement jugée par les parents d'élèves selon la quantité de notes prises pendant un cours. Quant à moi, je crois que la prise de notes doit aider les élèves à se guider, à se retrouver, à servir d'aide-mémoire et de complément à divers travaux, exercices, recherches, etc. menés dans le cadre scolaire.
Bien sûr, j'utilise le tableau, mais dans certaines situations seulement. Peut-être que je surestime mes élèves en les croyant très autonomes!
Par exemple, ce matin, j'ai commencé à les préparer à assister à la représentation de la pièce de théâtre Tempête! de la metteure en scène Irina Brook, pièce que nous irons voir vendredi soir. Cette pièce est une adaptation moderne de La Tempête de William Shakespeare. Je les ai familiarisés aux personnages, aux grands thèmes et à la mise en scène moderne. Il y a certaines informations que je n'ai pas jugées pertinentes d'écrire au tableau, pensant que tous les élèves les avaient trouvées, par exemple, les dates de naissance et de mort de Shakespeare.
Avec du recul, je sais très bien que certains élèves n'avaient pas fait le travail préparatoire qui était demandé et qu'ils n'ont pas écouté en classe. Mais est-ce que je dois tous les prendre par la main et perdre mon temps au tableau pour un ou deux élèves, sachant pertinemment qu'ils n'ont pas plus l'intention d'écrire dans leurs notes ce que moi j'écris au tableau? J'essaie de les stimuler en classe, mais mes efforts sont souvent vains. Je ne reçois que des balbutiements en guise de réponse ou des regards totalement désintéressés. Heureusement, ce n'est pas le cas pour la majorité de mes élèves! Je pense que la plupart d'entre eux sont capables de juger quand il faut prendre des notes.
Dès ma prochaine prestation, j'essaierai cependant de penser à utiliser grandement le tableau et de préciser aux élèves que c'est bien important de prendre en notes ce que je dis et écris.
Il ne faut pas oublier que les discussions et les confrontations de points de vue sont grandement formatrices. On a beau dire que les paroles s'envolent et que les écrits restent, mais je crois que certaines paroles peuvent influencer davantage certaines personnes que l'écriture. Il y a la façon de parler, le ton utilisé, les gestes employés, les regards lancés et les mouvements du corps. Parfois, tout cela peut avoir un plus grand impact sur quelqu'un. Mais bon, j'imagine que les deux, ensemble, provoquent un effet plus puissant! Finalement, je crois aussi que l'utilisation du tableau et de la trace écrite peut aider les élèves dans leurs méthodologie de travail. J'essaierai de penser à cela la prochaine fois que j'enseignerai.
Bref, tout cela pour vous dire que je pense écrire mon mémoire professionnel sur la trace écrite et l'utilisation du tableau pour deux raisons. La première, c'est mon point faible; j'essaierai donc de m'améliorer. La seconde, ce mémoire sera l'occasion pour moi d'expérimenter différentes façons d'exploiter la trace écrite pour stimuler encore plus les élèves. Je pense bien tenter diverses approches d'utilisation de la trace écrite afin de les comparer entre elles.
C'est à suivre!
Oh et je vous dis ça comme ça... je suis en train de planifier une petite escapade en Italie pendant ma semaine de relâche!

Très intéressant ta réflexion sur la portée ou non d'écrire au tableau. Je ne peux m'empêcher de penser à ce que nos profs faisaient jadis...lol et à ce qui me stimulait P.S. Moi aussi je veux aller en Italie. Anne
RépondreSupprimerSalut Marie-Éden. Pendant 30 ans j'ai enseigné l'expression dramatique auprès des adolescents et donc, pour des raisons évidentes, je n'ai que rarement utilisé la trace écrite. Cependant, depuis un certain temps je tente l'expérience de mémoriser des extraits de textes littéraires qui me plaisent et, ce faisant, je découvre que la méthode la plus efficace consiste à copier et recopier le texte. L'effort que je mets à caligraphier et le fait d'enregistrer visuellement les mots me permet de mémoriser plus rapidement et plus surement. Idée?: diviser un groupe en deux: sous-groupe A, obligation de noter un phrase; sous-groupe B interdiction de noter. Vérifier plus tard qui du A ou du B a le mieux retenu le texte.
RépondreSupprimerQuant à l'autonomie chez les 15 ans, je n'y crois pas beaucoup. Chez l'enseignant, c'est souvent une façon de se défiler que d'invoquer l'autonomie. À 15 ans il y a tellement de choses plus intéressantes dans la vie que l'école. Chez l'adulte aussi, l'autonomie n'est pas si répandue qu'on le croit. Plutôt que d'autonomie, parlons d'intérêt. Chez l'adolescent, à mon avis, c'est le défi qui stimule. G.L.
Bonjour Marie-Éden,
RépondreSupprimerJ'ai enseigné pendant 33 ans auprès d'adolescentes âgés entre 12 et 17 ans et je t'assure que de l'autonomie, à ces âges, bien peu en ont réellement. J'ai souvent entendu des collègues se plaindre du manque d'autonomie de leurs élèves, répéter qu'ils devaient savoir (les élèves)quand ils devaient noter ou non ce qu'ils disaient. En fait, même si on leur apprend comment et quand prendre des notes dès le début du secondaire, peu en saisissent le pourquoi ou l'importance. Pour plusieurs élèves, les commentaires de l'enseignant, s'ils ne sont transmis surtout qu'oralement,laissent peu de traces dans leur cerveau et leurs émotions. Je viens de parler des élèves visuels, ceux pour qui l'apprentissage passe par les yeux plutôt que par les oreilles. Probablement que tu es auditive, d'où l'intérêt pour la modulation de la voix entre autre. Je suis visuelle et dans ta classe, je me sentirais perdue en grande partie parce que je n'arriverais pas à décoder suffisamment sans support visuel soit la trace écrite. Je n'ai compris cela que plus tard, rendue à l'université. Maintenant, peu importe la conférence ou la réunion auxquelles j'assiste... je prends des notes de façon systématique sinon, j'oublie trop rapidement l'essentiel de ce qui s'est dit. J'ai besoin de cet appui,la trace écrite, pour bien saisir. Au cours de mes années d'enseignement,j'ai développé une façon de procéder en classe de telle sorte que tous, visuels, auditifs et kinesthésiques(ils sont aussi dans le portrait ceux-là)y trouvent leur compte. D'ailleurs, tu le dis si bien "la plupart" sont capables de... Il y a donc des éléments de ce groupes qui ont des besoins spécifiques auxquels on ne répond pas toujours. L'expérience aidant, je t'assure que fort peu, vraiment fort peu d'élèves sont réellement autonomes à cet âge (15 ans). Les paroles avec toute la gestuelle que cela implique sont importantes mais ajoute maintenant le volet "trace écrite" et ton succès risque d'être plus que satisfaisant. J'enseignais à des élèves du régulier mais ayant des difficultés d'apprentissage et crois-moi, j'obtenais plus de satisfaction à chaque fois que je tenais compte de ces besoins spécifiques. Avec le temps, je suis devenue aussi proche des auditifs que des visuels, au point tel que maintenant si je passe le test, je suis aux confins des deux. J'avais cependant encore un peu de difficultés personnelles à bien répondre aux besoins des kinesthésiques mais ça s'en venait. Je serai à Maizerets en juin, au symposium. Je suis Anne-Marie et on a déjà communiqué au sujet d'un texte que tu avais écrit. Donc si tu es de retour d'Europe et que le coeur t'en dit et que tu es disponible, il me ferait plaisir de m'entretenir avec toi à ce sujet. C'est passionnant! Dans l'enseignement, il ne faut rien prendre pour acquis. C'est ce que l'expérience et la "sagesse" m'ont appris au fil des ans.
Bonne fin de stage.
Bonjour Marie-Éden
RépondreSupprimerNous suivons avec intérêt et fierté ton cheminement pédagogique et géographique...
Tu profiteras de cette expérience tout au long de ta vie, par une vision élargie des réalités que tu rencontres. Bonne continuité.
Hélène et Gilbert
Je ne suis pas enseignante, mais tes deux derniers paragraphes me font penser au film The Freedom Writers, où l'enseignante (Hilary Swank) a dû se trouver des moyens moins traditionnels pour intéresser les jeunes et réussir à leur éduquer ce qu'ils devaient apprendre au cours de l'année. Puisque c'est une histoire vécue, je me suis dit que peut-être cela pourrait t'aider dans ton mémoire? Personnellement, j'ai trouvé brillante la manière qu'elle s'y ait prise pour stimuler ces jeunes en milieu défavorisé, pris dans un tourbillon de racisme et de violence. Ce n'était pas une mince tâche!!!
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